L’AUVERGNE

 

Petite présentation

 

     La région Auvergne est composée de quatre départements : l’Allier, le Puy-de-Dôme, le Cantal et la Haute-Loire. Avec 26 000 km², elle représente 4,8 % du territoire national mais seulement 2,2 % de la population française (1, 3 millions d’habitants).

     La capitale régionale, Clermont-Ferrand regroupe à elle seule plus de 350 000 habitants dans son agglomération. Le reste du réseau urbain est constitué de petites villes isolées comme Montluçon (42 000 hab), Aurillac (30 500 hab), Vichy, Moulins et le Puy-en-Velay (entre 20 000 et     25 000 hab)

 

Un peu d’histoire

Du IIIe au Ier siècle avant J.C : les Arvernes dominent une large partie du centre de la Gaule et dirigent la lutte contre Rome.

 Ier siècle avant J.C : victoire de Vercingétorix à Gergovie mais l’Auvergne devient tout de même une province gallo-romaine.

 Moyen-Age : l’Auvergne est divisé en quatre territoires :

        – le comté d’Auvergne

– le Dauphiné d’Auvergne

        – la Terre d’Auvergne

        – le comté épiscopal d’Auvergne

Ils connaîtront, tous les quatre, des histoires complexes et mouvementés et seront progressivement rattachés à la couronne.

 1889 : création de la firme Michelin

 1940-1944 : Vichy capitale de l’Etat Français

Culture et traditions

 

Les costumes

En plus du foulard de couleur vive au cou, du feutre noir à larges bords sur la tête, aux pieds des sabots ou galoches dont les chocs retentissants rythmaient la danse, l’élément principal du costume masculin était la « biaude » : cette grande blouse bleue sombre plissée aux épaules et aux manches protégeait les vêtements et retombait sur un solide pantalon de toile noire.

      Le costume féminin (robe longue à jupe souvent très froncée, tablier brodé serré à la taille et châle sur les épaules) se distinguait surtout par les coiffes, sujettes, comme en Bretagne, à de grandes variations locales : bonnet rond de toile blanche brodée ou tuyautée, capeline, canotier à rubans, chapeau aux bords relevés devant et derrière dit «  à deux bonjours ».

 

Danses traditionnelles

 

     La bourrée est devenue emblématique de l’Auvergne à partir du XVIIIe siècle. Les pas figurent une jeune fille coquette qui tantôt fuit tantôt rappelle un cavalier entreprenant. Là aussi sont nées des variantes : bourrées de Haute ou de Basse-Auvergne, bourbonnaise et autres adaptations locales. Les rondes auvergnates sont moins connues.

 

Le patois auvergnat

 

     Au XIXe siècle, le patois seul était couramment pratiqué. C’était une langue essentiellement parlée, non écrite, et dont les intonations variaient selon les régions. En Haute-Auvergne et dans le Velay, la langue est plus sonore qu’en Basse-Auvergne. A la manière de prononcer, on pouvait même savoir de quelle paroisse venait son interlocuteur. Cependant, c’est bien, en général, le même vocabulaire et la même syntaxe qui sont utilisés dans toute l’Auvergne.

Bonjour : bondzou

du cochon : de cotsou

c’est bon : coué bou

on n’est pas d’ici :san pa dat-yi

c’est beau : coué brave

donnez nous à boire : bella beurre

remettez nous ça : tourna bouta quo

donnez nous à manger : bella mandza

du pain : de pouo

de l’eau : d’aigue

du vin : de vi

du jambon : de dzanbou

bonsoir : bouna veillade

a demain : a demo

bonne nuit : bouna neu

méfies toi : méfia teu

peut-être : biau ou bi o

  

 

La salers

 

            Originaire du massif central, la Salers a été sélectionnée dans le passé sur des aptitudes mixtes : travail, lait et viande. Aujourd’hui, 95% des effectifs sont utilisés pour la production de viande et 5% pour une production laitière destinée à la transformation en fromage.

            De son origine semi-montagneuse, la Salers a hérité de caractères lui permettant de s’adapter à de nombreux milieux.

            C’est une race robuste qui supporte très bien les écarts de température, d’altitude et d’offre alimentaire.

            La race Salers est reconnue pour sa fertilité, sa fécondité, sa longévité et sa très grande facilité de vêlage.

            Les Salers, de grande taille, ont une vitesse de croissance élevée.

            Enfin, la couleur très rouge, le grain et la saveur de la viande des Salers (même jeunes) sont reconnus par les professionnels de la distribution et de la grande restauration.

 

                                          

 

 

Escapades citadines

 

Aurillac

      Située à 631 mètres d’altitude, adossée aux monts du Cantal, l’un des volcans emblématiques du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, traversée par la capricieuse Jordanne, Aurillac regarde au loin vers le grand Sud-Ouest aux accents du midi. Ainsi, les tons chauds et froids de ses toits de tuiles ou de lauzes tranchent avec le vert éclatant de ses prairies environnantes.

 

Moulins

             Au bord de la rivière Allier, Moulins vous incite à prendre votre temps. Empreintes artistiques des Ducs de Bourbon, costumes de scène, cours et hôtels particuliers, à Moulins, on prend le temps de vivre, de découvrir, de se détendre, bercé par la douceur des couleurs des briques et du grès rose de la ville.

 

Le Puy-en-Velay

      Point de départ de la « Via Podiensis » vers Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, le Puy-en Velay est avant tout un site exceptionnel. Préservée des atteintes du temps, la ville réserve bien des surprises aux visiteurs. Véritable chasse aux trésors, il fait bon découvrir la cathédrale, son cloître du XIIe siècle, le Rocher Corneille et la Statue Notre Dame-de-France, l’étonnante Chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe bâtie sur un rocher volcanique de 82 m de hauteur.

 

Clermont-Ferrand

        Clermont conjugue les attraits de la ville à ceux de la campagne environnante qui l’enserre entre ses buttes boisées. Une ville ouverte sur les volcans, c’est certainement ce qui fait son charme. Le centre ancien de la ville est bâti sur une légère butte, reste de l’un des trois cônes volcaniques qui s’étendaient jusqu’à l’entrée de Chamalières. Les traditions historiques, le développement industriel, la présence de deux universités : tout désigne Clermont-Ferrand comme la capitale de l’Auvergne.

 

Vichy

      Distinguée, romantique, une pointe d’excentricité architecturale pour vous séduire… Vichy est la ville idéale pour une escapade raffinée : remise en forme sous un dôme byzantin, art lyrique dans les ors et les ivoires, shopping dominical, balades nature, courses hippiques et tables gastronomiques vous attendent.

 

 

Patrimoine riche en découvertes

 Onze villages d’Auvergne sont classés parmi les Plus Beaux de France pour la qualité de leur patrimoine, leur histoire, leurs sites et monuments.

Lavaudieu

Véritable sanctuaire de l’architecture romane, le village présente une abbaye de bénédictines du XIe siècle et le seul cloître conservé de toute l’Auvergne.

Blesle

Âgé d’un millénaire, Blesle est une merveille de village médiéval de la Haute-Loire : rues entrelacées, belles maisons à pans de bois, donjon du XIe siècle, église abbatiale…

Salers

Avec leurs toits en poivrière et leurs fenêtres à meneaux, les hôtels particuliers construits en pierre de lave au XVIe siècle font le charme de ce village au riche patrimoine.

Charroux

Ancienne cité fortifiée de l’Allier, Charroux a gardé quelques vestiges de ses remparts.

Arlempdes

Au sommet d’un piton volcanique du Velay, dans un paysage façonné par les coulées basaltiques, le village surplombe les gorges de la Loire et offre des vues splendides.

Pradelles

Aux confins du Velay, du Vivarais et du Gévaudan, Pradelles est une délicieuse étape entre Moyen- Age et renaissance.

Usson

Construit sur une butte volcanique, Usson est dominé par les ruines de la plus importante forteresse de Basse-Auvergne.

Montpeyroux

Perché sur un mont pierreux au-dessus de la vallée de l’Allier, ce village médiéval est dominé par un donjon roman du XIIIe siècle. Les rues pittoresques doivent leur teinte cuivrée à une pierre locale nommé arkose. 

Saint-Floret

Sur les rives de la couze Pavin, ce village révèle bien des trésors.

Saint-Saturnin

Des ruelles tortueuses et pentues du vieux bourg aux façades médiévales, on rejoint le château bâti à la fin du XIIIe siècle. 

Tournemire

Village emblématique de l’architecture cantalienne aux toits de lauze.

 

  

Forme et nature

 

Des trésors d’eaux minérales

 

     La spécialité de chaque eau minérale est liée à son origine géologique et sa composition. En Auvergne, elles doivent beaucoup aux roches volcaniques et à l’activité récente des volcans.

     Avec 109 sources, l’Auvergne est la région d’Europe la plus riche en eaux minérales. Derrière les stars comme Volvic, dont les bienfaits sont connus et appréciés jusqu’au Japon, ou les célèbres Saint-Yorre et Vichy Célestins, se cachent plusieurs étiquettes moins connues. Comme par exemple dans la catégorie des eaux gazeuses, la Rozana, la Sainte-Marguerite, Châteauneuf, Saint-Diéry, Saint-Géron, Chalteldon ou l’Arvie ; et si l’on parle d’eaux plates, la Mont-Dore, Laqueille… 


Volvic

 Un trésor enfoui depuis des siècles est découvert en 1927 : l’eau de Volvic ! Le premier captage de la « source du Goulot » sera suivi en 1963 par le forage de la source Clairvic, classée eau minérale naturelle en 1965. Consciente de son caractère précieux, la société des Eaux de Volvic a mis en œuvre avec les acteurs locaux une politique de protection environnementale.

 Saint-Diery

      C’est dans le sol volcanique des Monts du Sancy que l’eau minérale naturelle gazeuse de Saint-Diéry puise sa richesse. Elle jaillit au coeur du parc régional des volcans d’Auvergne, dans un environnement préservé. Saint-Diéry est une véritable source de magnésium et de bicarbonates. Elle convient à un usage quotidien et facilite la digestion et la tonicité.

 Vichy Célestins

      L’eau minérale naturelle de Vichy célestins est issue du massif de la chaîne des Puys, en Auvergne, et est puisée à Vichy, dans l’Allier, à l’endroit même où se trouvait l’ancien couvent des Célestins, d’où son nom

     De son lent cheminement au travers des roches volcaniques anciennes, elle tire une richesse exceptionnelle en sels minéraux et oligo-éléments. Des couches profondes de la terre provient le gaz carbonique naturel, qui s’exprime par d’agréables bulles pétillantes.

     Vichy Célestins est l’une des eaux minérales les plus riches en sels minéraux naturels, notamment les bicarbonates, qui ont un effet reconnu pour une bonne digestion, gage du bien-être.

     Mais surtout l’eau minérale naturelle de Vichy Célestins a des vertus bienfaisantes pour la peau, de l’intérieur : elle permet une hydratation rapide et harmonieuse des cellules et tissus, qui se traduit par un teint plus lumineux et rayonnant.

 

 

Saint-Yorre

      L’eau minérale commercialisée sous la marque Saint-Yorre provient de plusieurs sources situées sur les communes de Saint-Yorre, Saint-Priest Bramefant, Hauterive et Saint-Sylvestre Pragoulin. Ces eaux ont la même composition physico-chimique et sont regroupées sous le nom « Royale« .

     Découvertes en 1850 pour leurs vertus gustatives, les eaux de Saint Yorre connaissent un engouement rapide. La clé du succès, ce sont le bicarbonate de sodium et le gaz carbonique qui donnent une eau légèrement salée et pétillante !

     Aujourd’hui, la production annuelle atteint les 200 millions de bouteilles. L’usine d’embouteillage constitue l’une des forces économiques de la ville.

 

 

Naturellement en forme

 

Grâce à la diversité de ses eaux de source, véritable don des volcans, l’Auvergne propose, avec ses dix stations thermales, une gamme appréciable de soins médicaux pour différentes affections qui accueillent chaque année plus de 100 000 visiteurs.

Bourbon-L’Archambault : on plonge dans l’excellente eau thermale depuis l’antiquité. La rhumatologie, la rééducation fonctionnelle et la gynécologie y sont traitées.

La Bourboule : station d’oxygène, s’est spécialisée dans le thermalisme pédiatrique pour le traitement des affections respiratoires.

Chateauneuf-les-Bains : station thermale du rhumatisme, convient également à ceux qui fuient le stess.

 Châtelguyon : la station est spécialisée dans le traitement des maladies de l’appareil digestif et gynécologique.

 Chaudes-Aigues : la source Par débite à elle seule 5 000 hl par 24h. Sa température atteint 82°C les eaux sont les plus chaudes d’Europe. Rhumatologie, rééducation fonctionnelle sont traitées.

Le Mont-Dore : situé au cœur de la vallée de la Haute-Dordogne, bâti sur les vestiges de thermes romains, l’établissement est réputé pour le traitement de l’asthme, d’allergies et des voies respiratoires.

Néris-les-Bains : les gaulois furent les premiers curistes de cette station thermale qui s’est aujourd’hui spécialisée dans la lutte contre le stress et toutes ses affections.

 Royat-Chamalières : son superbe établissement thermal est le premier européen pour le traitement des maladies cardio-artérielles.

Saint-Nectaire : station thermale réputée pour le traitement des maladies réno-urinaires et métaboliques.

 Vichy : les vertus curatives des eaux de Vichy étaient déjà reconnues des Romains qui fondèrent là une petite cité thermale.

 

 

Les grands espaces

 

En forêt de Tronçais

      Au contact du Berry et du Bourbonnais, le territoire auvergnat s’ouvre sur la forêt domaniale de Tronçais. Ses 10 500 ha d’arbres divisés en 442 parcelles forment depuis presque quatre siècles la plus grande chênaie d’Europe. Sous François Ier, l’ancienne propriété des ducs de Bourbon est confisquée et rattachée à la couronne de France. Depuis, elle appartient à l’État et est à ce titre gérée par l’Office National des Forêts. Composée de chênes rouvres, de chênes pédonculés, de hêtres et de charmes, elle produit un bois de très haute qualité. Une partie des cognacs et des vins de Bordeaux parmi les plus précieux sont conservés dans des tonneaux en chêne issus de cette forêt, idéaux pour un bon vieillissement.

     Certains arbres dépassent les 300 ans. On leur a donné des noms : Chêne Carré (circonférence : 6,44 m, âge : 370 ans), Chêne Saint-Louis (circonférence : 6m, âge : 450 ans), Chêne Sentinelle (circonférence : 6,55m, âge : 475 ans), il est actuellement l’ancêtre de la forêt, il fut choisi par l’administration forestière lors du premier classement de 1899 pour être conservé jusqu’à sa mort naturelle comme arbre remarquable.

 

Côté lacs

      Les lacs en Auvergne sont dûs pour la pluspart à des événements volcaniques. Certains sont des lacs de barrage : lac d’Aydat, lac de Guery ( lacs formés suite à une coulée de lave qui barre une vallée), lac Chambon ( lac résultant d’une vallée obstruée par le cône d’un volcan ), d’autres dùs à des effondrements du sol, d’autres encore occupent la cuvette d’un cratère comme le lac Servière.

 

Côté parcs

     L’Auvergne comporte de vastes territoires ruraux au patrimoine naturel et culturel remarquable. Les parcs naturels régionaux associent étroitement protection du patrimoine et développement local.

     Le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne est l’un des plus vastes d’Europe et aussi l’un des plus anciens, fondé en 1977. il rassemble quatre massifs volcaniques : les Monts dômes (puy de Dôme : 1465 m), les Monts Dore (puy de Sancy 1886 m), le Cézallier, les Monts du Cantal (Plomb du Cantal : 1855m) et un plateau granitique, celui de l’Artense.

     S’étendant entre le Forez et les Limagnes, le Parc naturel régional Livradois-Forez est un espace de moyenne montagne avec une altitude maximale de1634 m. abritant les Hautes Chaumes du Forez, les vallées glaciaires du Forez et les Reblats, les buttes volcaniques de Billom et la Comté et les vallées de la Dore et de la Durolle, il contribue à un développement harmonieux du territoire tant sur le plan économique que social et culturel.

 

Côté massifs

      La fameuse chaîne des Puys tire un trait nord sud à travers le Puy-de-Dôme et le Cantal. Cet emblème naturel unique en Europe propose un alignement de 80 volcans endormis. Pour admirer ce phénomène, l’un des plus beaux points de vue, sinon le plus beau, se situe au sommet du puy de Dôme, classé Grand Site de France, à 1465 m.

Vers le Sud émerge le massif du Sancy, où trône le puy de Sancy, plus haut sommet du massif central à 1886 m. Au Sud-Est, le massif du Mézenc, en arrière plan dans le même alignement, se dresse la pyramide des monts du Cantal et son point culminant : le puy Mary (1787 m), entouré de superbes vallées glaciaires creusées par l’érosion et disposées en étoile. Le plus grand volcan d’Europe par la circonférence de sa base : 70 km, soit un peu plus que le second de la classe, l’Etna. Au meilleur de sa forme, ce volcan se dressait à 3000 m. Il culmine aujourd’hui à 1855 m au Plomb du Cantal.

 

Les savoirs faire

 

Les dentellières du Velay

      Une légende attribue la création de la première dentelle française aux fuseaux à Isabelle Mamour, brodeuse du Velay. En 1407, l’évêque lui passa commande. Voulant lui présenter un résultat parfait, la dentellière trouva ingénieux de fixer des petites bobines au moyen d’épingles sur une petite planche rembourrée de fil et de les entrelacer tout à tour par le jeu des épingles. Très vite, le métier, se développa dans tout le Velay, le Livradois et le Brivadois, notamment dans les fermes les plus pauvres.

     Afin de sauver ce métier de haute précision et d’incroyable patience, Johannès Chaleyé créa un « conservatoire de la dentelle » au Puy-en-Velay en 1942, pour former des ouvrières qualifiées.

L’art des papetiers d’Ambert

      Berceau de la papeterie française, l’Auvergne compte encore un moulin à papier. En activité depuis 1326, le Moulin Richard-de-Bas confectionne le papier à la main comme autrefois.

     Cet atelier, ouvert au public, produit de 400 à 500 feuilles de papier par jour… à partir de chiffons ! Déchiquetés en petits morceaux dans des auges en pierre à l’aide de maillets en bois parsemés de clous, les chiffons sont malaxés avec de l’eau, jusqu’à ce qu’ils se transforment en une pâte homogène que l’on mélange à de la résine. La pâte gagne une cuve tempérée, où le papetier plonge la « forme », sorte de grand tamis. Quand il la monte, une partie de l’eau s’écoule, laissant apparaître les fibres végétales accrochées au tamis. C’est à ce moment que l’on va pouvoir ajouter des inclusions florales, la feuille, encore chargée d’eau, va être posée sur un tapis en feutre de laine jusqu’à l’obtention d’un paquet de cent feuilles, que l’on place sous presse, puis dans un séchoir.

 

Thiers, royaume du couteau

     C’est aux confins de la Limagne et du Forez que furent fabriqués les premiers couteaux de Thiers. Le premier centre coutelier de la région était Châteldon, mais, au XIVe siècle, une épidémie de peste fit fuir les artisans dans la cité de Thiers. La réputation de Thiers était telle qu’au XVIe siècle la ville fournissait en fines lames les Espagnols, les Flamands, les Lombards… et produisait même l’essentiel des célèbres couteaux suisses !

     Aujourd’hui Thiers garde son rang : plus de deux-tiers des couteaux utilisés en France pour la cuisine, la table, la restauration ou la poche sont fabriqués ici par les meilleurs artisans et des industries de pointe.

Le parapluie à Aurillac

     La capitale du Cantal est aussi celle du parapluie français, qui produisait plus d’un million de pièces par an dans la première moitié du XXe siècle. Les principaux fabricants encore en activité perpétuent un savoir-faire ancestral, promu notamment par un label commun, le parapluie l’aurillac, signe de qualité.

 

Tailleurs de pierre de Volvic

      Exploitée depuis l’Antiquité, la lave de Volvic est omniprésente dans les constructions auvergnates. Les tailleurs de pierre actuels se consacrent essentiellement à l’art funéraire, mais certains pratiquent encore la sculpture et participent à des campagnes de restauration.

 

 

Emailleurs sur lave

      L’industrie de la lave émaillée, également d’origine volcanique, a ses origines à Mozac, aux portes de Riom. Depuis plus de 100 ans, une entreprise de cette ville fabrique des tables d’orientation pour le monde entier. Il faut compter en moyenne 60 heures de travail pour la réalisation d’une table de 1 mètre de diamètre.

 

Profession : chaumier

     Jusqu’à l’arrivée des couvertures en ardoise après la Première Guerre mondiale, puis en tôle dans les années soixante, toutes les maisons, toutes les granges, au-dessus de 800 m d’altitude, étaient couvertes en chaume.

 Dans les fermes, après le battage, on faisait sécher la paille en plaçant les épis dans le même sens. Puis on s’activait à préparer les « poupées », de fines bottes de paille. Solidement arrimées avec des brins de paille humide tressés en lien à la charpente du toit, les bottes doivent s’aligner les une contre les autres à la verticale en respectant l’inclinaison du toit. De la régularité de l’ensemble dépend la longévité de la couverture en chaume. Pour couvrir entièrement un toit, il faut plusieurs mois, car le chaumier ne met en place que deux rangs de paille par jour.

 

Saveurs auvergnates 

 

La lentille verte du Puy

      La Lentille Verte du Puy se différencie de ses consœurs par son goût fin, délicatement sucré, sa belle couleur verte, sa peau plus fine et son amande non farineuse permettant une cuisson rapide.
     La culture s’effectue selon un mode traditionnel, sans engrais ni irrigation. Les semis ont lieu de mars à avril et la récolte du 1er août au 15 septembre.

     La Lentille Verte du Puy est produite sur une zone bien délimitée, située au cœur de la Haute-Loire sur les hauts plateaux du Velay. Cette zone regroupe une majorité de terres volcaniques rouges typiques de la région. De plus, il y règne un microclimat unique : la lentille souffre du froid en début de croissance et profite d’un ensoleillement exceptionnel en été, accélérant sa maturation.

     Elle est riche en minéraux, acides aminés, oligo-éléments, protéines et contient peu de lipides. Riche en fer, magnésium et vitamine B.

La moutarde de Charroux

      Au XIXe siècle, la Moutarde de Charroux est réputée dans tout le Bourbonnais. On compte au village au moins 3 familles de moutardiers. A leur extinction, après la première guerre mondiale la moutarde de Charroux disparaît.

Ce n’est qu’en 1989 que la fabrication est relancée en utilisant du matériel des années 1890/1900 remis en état.

 La « Moutarde de Charroux »

     Cette moutarde à l’ancienne est renommée depuis toujours dans la région du Bourbonnais. Elle est élaborée à partir de graines de moutarde écrasées à la meule de pierre, mélangées à du vinaigre et du vin blanc de Saint-Pourçain.

 La « Pourpre de Saint-Pourçain »

     De couleur pourpre, cette moutarde à la saveur aigre-douce est élaborée à base de vin rouge de Saint-Pourçain et de jus de raisin.

 La « Votilia »

     Cette moutarde lisse, de couleur jaune, était autrefois fabriquée à Montluçon. Elle est élaborée à base de Saint-Pourçain blanc.

 

Les fromages

Saint-Nectaire

 Issu de la zone volcanique des Monts Dore, le Saint-Nectaire sort de son territoire d’origine lorsqu’il est introduit à la cour du Roi Soleil.

Aujourd’hui, il se fabrique dans les mêmes prairies sauvages. Depuis 1964, il existe à côté de la production fermière, du Saint-Nectaire laitier élaboré en laiterie avec du lait pasteurisé et standardisé en matières grasses. De forme circulaire d’environ 21 cm de diamètre pour une épaisseur de 5 cm, le Saint-Nectaire AOC s’habille d’une croûte fleurie à moisissure blanche, jaune ou orangée. Il pèse environ 1,7 kg. Tranché, il laisse entrevoir une belle pâte de texture souple de couleur crème.

 

Le Salers

 Porteur d’un signe distinctif caractérisé par un marquage en creux sur une face de la tomme « Salers», ce fromage de 45 kg est particulièrement reconnaissable. Issu des monts volcaniques recouverts d’herbes sauvages, il est produit uniquement dans les fermes du 15 avril au 15 novembre et à condition expresse que les vaches soient nourries à satiété d’herbe pâturée.

A maturité, le Salers AOC possède une croûte boutonnée dorée, épaisse et parsemée de fleurs rouges et orangées. Tranché, il dévoile une pâte ivoire légèrement maillée. L’herbe fraîche broutée par les vaches confère à chaque fromage un goût singulier corsé, épicé, lactique et assez fruité. Le marquage « Tradition Salers » identifie les fromages conçus uniquement avec du lait de vache de race Salers.

Il faut environ 400 litres de lait, 3 journées et un tour de main particulier pour que naisse le Salers. L’affinage dure ensuite 3 mois au minimum pendant lesquels les fourmes sont régulièrement retournées et frottées.

 

 

Le bleu d’Auvergne

 Le Bleu d’Auvergne est né au milieu du 19ème siècle de la passion d’un fermier qui imagina ensemencer le lait avec la moisissure bleue qui se formait sur le pain de seigle. Aujourd’hui, il se fabrique dans le sud du Puy-de-Dôme et le nord du Cantal. L’AOC Bleu d’Auvergne tire son goût généreux et rustique de ce respect d’une tradition de fabrication et d’affinage de plus de 150 ans. Sous la forme d’un cylindre de 20 cm de diamètre et de 2 à 3 kg emballé dans une feuille d’aluminium, cette pâte persillée dévoile, une fois tranchée, une couleur ivoire onctueuse parsemée de moisissures bleu-vert.

 

Le Cantal

 C’est le doyen des fromages AOC d’Auvergne. Il nécessite plus de 400 litres de lait de vache pour atteindre sa taille optimale. Fromage à pâte pressée non cuite, le Cantal se présente traditionnellement sous forme d’un cylindre de 35 à 45 kg au diamètre de 36 à 42 cm. Il existe aussi un Cantal plus petit dont le poids et compris entre 8 et 10 kg. Selon son affinage, il procure des sensations différentes. C’est ainsi qu’une saveur douce, fraîche et lactée se cache sous la fine croûte grise blanche d’un Cantal Jeune après 30 à 60 jours d’affinage. De 90 à 210 jours, il prend le nom d’Entre Deux avec une robe dorée au goût plus épanoui laissant un souvenir de hauts pâturages. Après 240 jours, on parle de Cantal Vieux au goût de terroir, aux notes puissantes, épicées, corsées et intenses.

 

La Fourme d’Ambert

 Ce fromage est fabriqué quasi exclusivement en laiterie avec du lait de vache recueilli entre 600 et 1600 m d’altitude, ce qui lui confère une saveur caractéristique de campanule et de bruyère. La Fourme d’Ambert est l’un des rares fromages au féminin. Elle se présente sous la forme d’un cylindre de 13 cm de diamètre, de 19 cm de hauteur et d’un poids d’environ 2 kg. De couleur blanche à crème, de texture souple, présentant des ouvertures régulières, un persillage allant de bleu à vert et une croûte naturellement sèche. 18 litres de lait de vache sont nécessaires pour fabriquer une Fourme d’Ambert.

 

  

Les vins

 Appellation côtes d’Auvergne

 Des rouges fruités et épicés, des rosés pâles et rafraichissants, des blancs aromatiques et équilibrés : du Sud d’Issoire au Nord de Riom, les Côtes d’Auvergne révèlent leur authenticité et leur typicité.

Cinq dénominations locales peuvent être précisées : Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Corent ou Boudes.

Les cépages : Gamay, Pinot noir et Chardonnay

Saint-Pourçain

Située à 60 km au nord de Clermont Ferrand, environ 100 km au sud de Sancerre, l’aire d’appellation se répartit sur 19 communes de l’Allier autour de Saint-Pourçain. Elle longe une série de coteaux, orientés sud-est, bordant les rives gauches de l’Allier et de la Sioule, soit un vignoble d’une superficie totale de 650 hectares environ.

Il s’agit d’un des plus anciens vignobles de France dont les origines remontent aux Gallo-Romains. Depuis une trentaine d’années, des efforts sont menés par les viticulteurs pour l’amélioration de l’encépagement, ainsi que la modernisation des méthodes de culture et de vinification.

Sa production est classée en appellation d’origine contrôlée (AOC) depuis 2009.

 

La Pastille de Vichy…

     C’est en 1825 que le pharmacien de Vichy Bartillat produisit les premières pastilles et en 1833 que fut déposée la marque « Pastille Vichy »

     Les pastilles de Vichy furent longtemps découpées dans de la pâte fraîche parfumée. Cette dernière était ensuite séchée en étuve. En 1954, la première pastille de sucre comprimée fut produite. On extrait de l’eau thermale des sels minéraux composés d’une grande quantité de bicarbonate de sodium, calcium, magnésium, fer, potassium, lithium et oligo-éléments. Ces derniers sont séchés et broyés avant d’être mélangés à du sucre et du glucose. La pâte obtenue est alors séchée à l’air avant d’être parfumée avec un arôme naturel que ce soit menthe, citron ou encore anis. Elle est ensuite passée dans une comprimeuse qui donne à cette pastille sa forme octogonale avec l’inscription de la célèbre marque Vichy.